Voyage en Sepanie: Very Important Baby !

Mis à jour : juil. 6

Avez-vous cru que j'arrêtais tout ? J'avoue y avoir presque pensé.

Une âme a simplement décidé de s'incarner et de partager ma vie, ma Sepanie, à un moment où le monde se confinait et changeait de paradigme. Attention, V.I.B. en vue !

Je me suis tout de suite dit : mais que vient-il donc expérimenter à ce moment précis de l'histoire de l'humanité ?



Une grossesse en demi-teinte

La Sepanie se trans-formait au fil des pérégrinations du monde et m'offrait une parenthèse confinée enchantée, un cadeau presque inattendu sur le chemin de ma guérison à un moment où le printemps en suspension se parait de ciel bleu azur.


Je n'ai jamais souhaité être enceinte. Vouloir un enfant n'est pas la même chose, il ne s'agit pas de la même attente. D'un côté c'est le corps qui porte l'enfant, de l'autre c'est le cœur qui l'accompagne.

Mon corps me disait non, il n'a pas aimé cet état de confinement intérieur bien que tout se soit bien passé. On avait pris possession de mon corps, je n'étais plus seule, je n'étais plus en contrôle, une sorte de braquage corporel qu'on est censé aimer.

En revanche, mon cœur a tout de suite aimé inconditionnellement ce petit être et je me mettais à lire Les neuf marches d'Anne Givaudan et de Daniel Meurois. Me faire relire certains passages en fond de musique classique m'a accompagné de la plus belle manière pendant l'accouchement.


Je me mis à rêver un monde nouveau pour Aurèle et à débuter un roman que j'espère devenir réalité:


"Je suis né en janvier 2021 sous le signe du verseau à la toute fin de l’ère du Kali Yuga, cet « âge noir » qui vît les Hommes perdre leur bon sens, transportés à la périphérie d’eux-mêmes en même temps que la planète, en disharmonie avec le reste de la galaxie qui l’abritait et dont ses habitants ne savaient encore rien.

A cette époque, mes parents, comme le reste de l’humanité, avaient pour quotidien de se lever le matin, de déjeuner, de travailler pour vivre - pas d'œuvrer - aujourd’hui nous dirions « survivre », de rentrer le soir, dîner et s’endormir pour recommencer le lendemain. La majorité des humains ne voyaient pas le problème à cela, ils avaient déjà un "travail" contrairement à d’autres, laissés pour compte, à la rue.

Néanmoins, de petits groupes par delà la terre n’envisageaient pas l’avenir de leurs enfants comme cela. Ils avaient une haute idée de l’humanité, ils étaient "conscients", certains disaient "utopistes", aujourd’hui, nous dirions plutôt « éveillés ». Ils étaient les "bâtisseurs", aujourd’hui, nous dirions « co-créateurs », du système dans lequel ils évoluaient.

Ces Hommes étaient les graines d’un nouvel âge d’or dans lequel j'ai le bonheur de vivre encore aujourd’hui, en 2121. J'ai 100 ans et le bonheur d'espérer encore de nombreuses années à vivre devant moi, pas à "survivre".

La libération de la conscience collective débuta in utero et je fus un témoin privilégié de la lutte pacifique qui changea pour toujours mes parents ainsi que de la plus grande œuvre de l'humanité".


Être mère est un acte d'abnégation

Le courage pour moi demande d'être soi en toutes circonstances, de s'écouter vraiment, de se libérer du personnage de la pièce de théâtre dans laquelle nous évoluons, inconscients de notre véritable pouvoir. Cela demande d'écouter son cœur, c'est-à-dire son intuition: l'intelligence pure du cœur. Si je me sens vibrer, je suis assurément sur la bonne voie, logique quantique.


Mais "être" mère demande en plus d'un certain courage, de l'abnégation, c'est-à-dire un sacrifice volontaire de son propre intérêt. C'est se libérer de ses schémas mentaux pour se dédier au bien-être de son enfant, être capable de se mettre à sa place en tant qu'individu à part entière, de remettre ses projets à plus tard, de distinguer l'amour véritable de l'amour attachement. Par exemple, si je désire embrasser mon enfant, en réalité, je ne le fais pas pour lui mais pour moi-même. Je crois lui donner de l'amour mais c'est moi qui me sert en priorité pour remplir mon cœur. Quand on l'embrasse, on ne lui demande pas son avis et sous prétexte qu'il est notre enfant, nous nous autorisons des gestes que nous ne ferions pas à autrui.


Bien sur Aurèle a besoin d'amour mais l'amour est déjà se demander et lui demander s'il veut de mes bisous et surtout lui dire que je vais l'embrasser, le changer, lui faire prendre son bain. S'il ne comprend pas mes paroles, il en capte certainement quelque chose et ressent, je l'espère, le respect que j'ai pour lui en tant qu'individu qui ne m'appartient pas.



L'haptonomie comme approche affective

Nous avons pratiqué l'haptonomie pré et post-accouchement afin d'accueillir Aurèle et de développer son autonomie corps-esprit. Cette discipline nous aide beaucoup, en tant que parents, à anticiper les évolutions rapides de notre bébé et à l'accompagner à chaque étape de son développement, à le rassurer, à lui montrer ses capacités motrices ainsi que de compréhension du monde qui l'entoure.

Par exemple, on ne le pose pas sur la table à langer comme un sac à patates, on l'assoit puis le met sur le côté et l'allonge enfin comme nous le ferions pour nous allonger nous-mêmes. Ainsi, on lui montre la voie sans faire à sa place. Il a rapidement compris le mécanisme du passage de la position assise à couché et inversement. Même si à 5 mois il n'est pas encore capable de le faire, il a compris le fonctionnement et montre son intention de pratiquer. Aussi, lorsqu'on le porte et le remet à quelqu'un, nous lui disons qui est cette personne et qu'elle va le porter et s'occuper de lui puis que nous revenons le chercher.


Quel avenir pour lui en Sepanie ?

Malgré lui, Aurèle est entré en Sepanie avec moi, non pas qu'il ait contracté la maladie puisqu'elle n'est pas transmissible mais il peut en subir les conséquences à l'avenir.

On peut aisément se dire que faire le choix d'avoir un enfant en sachant l'évolution incertaine de son état de santé peut être égoïste. A ceux qui le pense, j'ai envie de les inviter à réfléchir plus en avant sur l'impermanence de la vie elle-même. Tout le monde peut-être victime plus ou moins tardivement d'un accident ou d'une maladie incurable. Alors oui, en tout état de fait, avoir un enfant est forcément égoïste.


Entre nous, il faut de nouvelles graines pour réaliser le nouvel âge d'or de l'humanité et quoi de plus beau que des enfants qui portent cet espoir ?


Je teinte régulièrement ma Sepanie de lumière et d'enchantements. J'espère qu'elle sera l'occasion pour Aurèle d'expérimenter la vie avec positivité et spiritualité face à l'adversité et l'incertitude du monde qui nous entoure.

Son prénom n'est pas un hasard: il est l'aurore d'un nouveau monde et l'or qui le teinte. Il transportera avec lui les sages pensées de l'empereur et philosophe romain Marc-Aurèle tout au long de son expérience humaine que je lui souhaite riche de joies et d'accomplissements avant de les rapporter, mission accomplie, comme nous tous, "à la maison".



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